8 mai 2020 : une commémoration en format restreint

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Ce vendredi 8 mai à 11h30, des représentants de l’UNC, des ACPG-CATM-TOE, des Médaillés Militaires, de l’ARM, de la Gendarmerie et les maires ont commémoré le 75e anniversaire la Victoire 1945 et le 80e anniversaire du bombardement du 14 mai 1940. Compte tenu de la crise sanitaire, les Villeneuvois étaient invités à s’associer à cet hommage en observant une minute de silence depuis leur domicile et, dans la mesure de leurs moyens, à le pavoiser.

À 11h30, la délégation se retrouvait à la gare SNCF pour déposer une gerbe à la plaque commémorant les victimes du bombardement du 14 mai 1940. Parti de la région de Dormans, le train acheminant vers la Belgique les hommes du 10e Bataillon de Chasseurs à Pied (10e BCP) s’arrêtait en gare de Guignicourt. Peu après son arrivée, le convoi était la cible d’une attaque aérienne, occasionnant 24 morts, 54 blessés, dont 15 succombèrent les jours suivants.

Le 23 mai 1980 eut lieu la première commémoration avec les Anciens du 10e BCP au monument aux Morts. Ils revenaient le 8 mai 1982, en gare de Guignicourt, pour inaugurer une plaque commémorative du bombardement, en hommage à leurs glorieux camarades. Le 8 mai 2010, l’amicale des Diables Bleus de la région de Saverne et la municipalité commémoraient le 70e anniversaire de cette tragédie. Depuis cette date, l’amicale des Diables Bleus de la région de Saverne et des Anciens du 10e BCP se rend à Guignicourt tous les cinq ans pour prendre part à l’hommage rendu à ses camarades. Le 8 mai 2015, à l’issue de la commémoration à la gare était inaugurée la place du 10e BCP.

Ce 8 mai, après le traditionnel dépôt de gerbe, une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes du bombardement. La délégation se rendait ensuite à Menneville et déposait une gerbe au monument aux Morts. Après la minute de silence, M. Philippe Timmerman, maire de Villeneuve-sur-Aisne, donnait lecture du message du Président de la République que nous retranscrivons à la suite de cet article, accompagné d’une rétrospective photos. Puis la cérémonie fut reconduite à l’identique au monument aux Morts de Guignicourt.

Message du Président de la République :

« Ce 8 mai ne ressemble pas à un 8 mai. Il n’a pas le goût d’un jour de fête. 

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous rassembler en nombre devant les monuments de nos villes, sur les places de nos villages, pour nous souvenir ensemble de notre histoire. 
Malgré tout, la Nation se retrouve par la pensée et les mille liens que notre mémoire commune tisse entre chacun de nous, cette étoffe des peuples, que nous agitons en ce jour dans un hommage silencieux. 

C’est dans l’intimité de nos foyers, en pavoisant nos balcons et nos fenêtres, que nous convoquons cette année le souvenir glorieux de ceux qui ont risqué leur vie pour vaincre le fléau du nazisme et reconquérir notre liberté.  
C’était il y a 75 ans. 
Notre continent refermait grâce à eux le chapitre le plus sombre de son histoire : cinq années d’horreur, de douleur, de terreur. 

Pour notre pays, ce combat avait commencé dès septembre 1939.
Au printemps 1940, il y a 80 ans, la vague ennemie avait déferlé sur les frontières du Nord-Est et la digue de notre armée n’avait pas tenue. 
Nos soldats pourtant s’étaient illustrés à de nombreuses reprises. Ceux de Montcornet, d’Abbeville, de Gembloux ou de Stone, les hommes de Narvik, les cadets de Saumur, l’armée des Alpes avaient défendu avec vigueur notre territoire et les couleurs de notre pays. 
Ils sont « ceux de 40 ». Leur courage ne doit pas être oublié. 
Dans le crépuscule de cette « étrange défaite », ils allumèrent des flambeaux. Leur éclat était un acte de foi et, au cœur de l’effondrement, il laissait poindre la promesse du 8 mai 1945. 

Cette aube nouvelle fut ensuite conquise de haute lutte par le combat des armées françaises et des armées alliées, par les Français Libres qui jamais ne renoncèrent à se battre, par le dévouement et le sacrifice des Résistants de l’Intérieur, par chaque Française, chaque Français qui refusa l’abaissement de notre nation et le dévoiement de nos idéaux. 
La grande alliance de ces courages permit au Général de Gaulle d’asseoir la France à la table des vainqueurs.
La dignité maintenue, l’adversité surmontée, la liberté reconquise, le bonheur retrouvé : nous les devons à tous ces combattants, à tous ces Résistants. 
A ces héros, la Nation exprime son indéfectible gratitude et sa reconnaissance éternelle.

Le 8 mai 1945, c’est une joie bouleversée qui s’empara des peuples. Les drapeaux ornaient les fenêtres mais tant d’hommes étaient morts, tant de vies étaient brisées, tant de villes étaient ruinées. A la liesse succéda la tristesse et la désolation. Avec le retour des Déportés, les peuples découvrirent bientôt la barbarie nazie dans toute son horreur…

Rien, plus jamais, ne fut comme avant.
La fragilité révélée de nos vies et de nos civilisations nous les rendit plus précieuses encore. Au bout de cette longue nuit qu’avait traversée le monde, il fallait que l’humanité relevât la tête. Elle venait de découvrir horrifiée qu’elle pouvait s’anéantir elle-même et il lui fallait désormais refaire le monde, de fond en comble, ou à tout le moins « empêcher que le monde ne se défasse », selon le mot de Camus. 
Ce fut l’heure, en France, de l’union nationale pour fonder « les beaux jours » annoncés par le Conseil National de la Résistance et bientôt retrouvés. 
L’heure, en Europe, de l’effort commun pour bâtir un continent pacifié et fraternel. 
L’heure, dans le monde, de construire les Nations unies et le multilatéralisme.  

Aujourd’hui, nous commémorons la Victoire de ce 8 mai 1945, bien sûr, mais aussi, mais surtout, la paix qui l’a suivie. 
C’est elle, la plus grande Victoire du 8 mai. Notre plus beau triomphe. 
Notre combat à tous, 75 ans plus tard.

Vive la République ! Vive la France ! »

Emmanuel Macron